{"id":1,"date":"2018-03-14T16:02:33","date_gmt":"2018-03-14T15:02:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.phil.uzh.ch\/elearning\/blog\/lajoie\/?p=1"},"modified":"2018-06-06T23:46:12","modified_gmt":"2018-06-06T21:46:12","slug":"hallo-welt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/lajoie\/2018\/03\/14\/hallo-welt\/","title":{"rendered":"Rencontre au Cabaret Voltaire: 07.06.18"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left\">\u00ab\u2009Une joie vient, \u00e9trange, enfantine, ou peut-\u00eatre archa\u00efque\u2009\u00bb Jean-Christophe Bailly. La joie vient. Elle porte une imm\u00e9diatet\u00e9 qui anime les corps. Elle n\u2019est pas lointaine, car son temps est celui de l\u2019instantan\u00e9it\u00e9. N\u2019ayant pas une forme fixe, la joie est un mot dont il faut toujours se m\u00e9fier. Elle est plut\u00f4t un degr\u00e9 d\u2019intensit\u00e9 que par les \u00e9clats rappelle un l\u2019\u00e9tat archa\u00efque des corps. Corps ivres de joie. Instables. D\u2019une pr\u00e9sence vivante. N\u00e9anmoins, d\u00e8s qu\u2019on parle de la joie elle s\u2019en va. La joie est un souffle qui anime l\u2019esprit. Comment \u00e9crire sur un signe fuyant et impr\u00e9vu ? On ne peut pas dire que je serai joyeux demain \u00e0 18h15. Je ne maitrise pas la joie. Une joie qui n\u2019est pas seulement la mienne. D\u2019une intimit\u00e9 publique, la joie est toujours singuli\u00e8re, car elle n\u2019est qu\u2019une joie. Le temps de la joie est incertain. Et pourtant, elle va et vient, elle dispara\u00eet dans une pr\u00e9sence en puissance. Elle se d\u00e9place sans cesse vers les uns vers les autres. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 sa pr\u00e9sence-absence que la joie \u00e9veille une intelligence de tout le corps chez ceux qui sont pr\u00eats \u00e0 transformer leur vie devant l\u2019inattendu, comme si une joie gardait toute une souplesse mat\u00e9rielle entre corps et esprit. Cette souplesse n\u2019est pas adjectivale. L\u2019instantan\u00e9it\u00e9 d\u2019une joie est substantive. Si l\u2019adjectif joyeux-joyeuse a possiblement une dimension na\u00efve, une joie au sens de substantif a plusieurs attributs : la joie peut \u00eatre path\u00e9tique, tragique, ou encore \u00e9rotique et toujours politique. Avant la col\u00e8re, la fureur fait les corps se soulever pour f\u00eater, pour danser, pour marcher, pour baiser, pour mettre les corps \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la vie, surtout parce que la vie n\u2019est pas oblig\u00e9e de continuer ce qu\u2019elle a commenc\u00e9, comme j\u2019ai lu une fois chez Merleau-Ponty. Cette phrase m\u2019a rempli de joie et j\u2019ai ferm\u00e9 le livre pour quitter la Biblioth\u00e8que Nationale de France dans un jour d\u2019\u00e9t\u00e9. Elle a enclench\u00e9 une joie \u00e9trange, archa\u00efque, enfantine. Il ne suffit qu\u2019une ligne ou m\u00eame quelques vers pour interrompre la lecture, comme si les \u00e9crivains d\u00e9posaient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces \u0153uvres quelques pi\u00e8ges pour nous rappeler une joie cach\u00e9e dans le monde. Sans la neutralit\u00e9 du dictionnaire, sans l\u2019assurance philologique, sans un savoir philosophique, ces joies peuvent nous traverser ou m\u00eame nous transporter ailleurs, puisque la joie est un transport comme l\u2019a dit Jean-Luc Nancy. C\u2019est pour cette raison qu\u2019elle se d\u00e9place continuellement, car elle donne corps aux \u00e9tincelles, aux fragments, aux discontinuit\u00e9s. Une joie, quoi quel serait-elle, ne sera jamais la m\u00eame. Diff\u00e9remment de toutes les promesses de bonheur, la joie porte un souffle de la disparition de soi-m\u00eame pour faire monter toute une m\u00e9moire archa\u00efque dans l\u2019instant. Toutes les joies ont peut-\u00eatre en commun une ouverture de la jouissance de la disparition de soi-m\u00eame pour en dire que chacune est aussi une petite mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><strong>Eduardo Jorge de Oliveira<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left\"><strong><br \/>\n07.06.2018<\/strong><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.cabaretvoltaire.ch\/de\/agenda.html#la-joie-qui-vient-about-the-joy\">Projection<\/a> du film &#8220;La joie qui vient&#8221; (34 minutes) et conversation avec les philosophes Jean-Luc Nancy et Maria Filomena Molder, au Cabaret Voltaire.<br \/>\n<strong>19:00 \u00e0 20:30<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">Cabaret Voltaire<br \/>\nSpiegelgasse 1<br \/>\n8001 Z\u00fcrich<br \/>\ninfo@cabaretvoltaire.ch<br \/>\n+41 43 268 57 20<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u2009Une joie vient, \u00e9trange, enfantine, ou peut-\u00eatre archa\u00efque\u2009\u00bb Jean-Christophe Bailly. 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