{"id":1131,"date":"2026-02-09T17:10:22","date_gmt":"2026-02-09T17:10:22","guid":{"rendered":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/?p=1131"},"modified":"2026-02-09T17:10:22","modified_gmt":"2026-02-09T17:10:22","slug":"julia-onken-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/fr\/2026\/02\/09\/julia-onken-4\/","title":{"rendered":"Julia Onken"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #333333;\">Julia Onken est n\u00e9e en 1942 et a grandi dans une configuration familiale marqu\u00e9e par des ruptures, des contradictions et de fortes tensions. Tr\u00e8s t\u00f4t, elle a appris \u00e0 observer attentivement les personnes et \u00e0 distinguer entre ce qui est dit et ce qui est r\u00e9ellement voulu. Ces exp\u00e9riences biographiques ont constitu\u00e9 le terreau de son int\u00e9r\u00eat ult\u00e9rieur pour les questions psychologiques, sociales et li\u00e9es au genre. Son approche des questions f\u00e9minines et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 ne s\u2019est pas faite par le droit, mais par la vie elle-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\">Autodidacte, elle a d\u00e9velopp\u00e9 une sensibilit\u00e9 fine aux dynamiques psychologiques, aux rapports de pouvoir et aux in\u00e9galit\u00e9s structurelles. Julia Onken a ensuite suivi une formation en psychologie appliqu\u00e9e et transpersonnelle \u00e0 Zurich et \u00e0 Fribourg. Tr\u00e8s t\u00f4t, elle a commenc\u00e9 \u00e0 travailler avec des personnes confront\u00e9es \u00e0 des situations de vie difficiles, notamment en milieu carc\u00e9ral. Dans sa pratique psychologique, elle a syst\u00e9matiquement reli\u00e9 les exp\u00e9riences personnelles \u00e0 une analyse des cadres sociaux. Elle a compris que les crises individuelles v\u00e9cues par les femmes sont souvent l\u2019expression de d\u00e9savantages structurels, qu\u2019il s\u2019agisse de d\u00e9pendances financi\u00e8res, du manque de reconnaissance du travail de care ou de la d\u00e9valorisation publique des voix f\u00e9minines.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\">Le droit de vote des femmes en 1971 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu par Julia Onken comme un tournant biographique, mais d\u2019abord comme un simple bruit de fond. Ce n\u2019est que plus tard, \u00e0 travers ses propres exp\u00e9riences de s\u00e9paration et de d\u00e9pendance, qu\u2019elle a pleinement pris conscience de la dimension politique de la privation des droits des femmes. Ces prises de conscience se sont inscrites dans un terrain d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 par une formation litt\u00e9raire solide, une sensibilit\u00e9 f\u00e9ministe et une r\u00e9flexion psychologique approfondie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\">Dans les ann\u00e9es 1980, elle a fond\u00e9 le Frauenseminar Bodensee, qui est devenu un lieu central de la formation f\u00e9ministe. Elle y a associ\u00e9 d\u00e9veloppement personnel, savoir psychologique et analyse critique de la soci\u00e9t\u00e9. Au c\u0153ur de son travail se trouvaient l\u2019estime de soi, le sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle, le langage et la question de savoir pourquoi, malgr\u00e9 des comp\u00e9tences \u00e9lev\u00e9es, les femmes prennent si rarement la parole dans l\u2019espace public et sont entendues. Par ses s\u00e9minaires, ses formations et ses publications, Julia Onken a apport\u00e9 une contribution importante \u00e0 la mise en lumi\u00e8re de ces m\u00e9canismes subtils par lesquels les femmes sont encore aujourd\u2019hui d\u00e9valoris\u00e9es et limit\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\">Le parcours de vie de Julia Onken montre de mani\u00e8re exemplaire que la lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 ne se m\u00e8ne pas uniquement sur le plan l\u00e9gislatif. Son travail met en \u00e9vidence \u00e0 quel point les biographies personnelles, les structures sociales et les \u00e9volutions politiques sont \u00e9troitement imbriqu\u00e9es, et combien l\u2019\u00e9ducation et la sensibilisation psychologiques restent centrales pour les processus d\u2019\u00e9mancipation.<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" id=\"kmsembed-0_ds0u9e6a\" class=\"kmsembed\" title=\"Interview Julia Onken\" src=\"https:\/\/uzh.mediaspace.cast.switch.ch\/embed\/secure\/iframe\/entryId\/0_ds0u9e6a\/uiConfId\/23449004\/st\/0\" width=\"826\" height=\"465\" frameborder=\"0\" sandbox=\"allow-downloads allow-forms allow-same-origin allow-scripts allow-top-navigation allow-pointer-lock allow-popups allow-modals allow-orientation-lock allow-popups-to-escape-sandbox allow-presentation allow-top-navigation-by-user-activation\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Julia Onken est n\u00e9e en 1942 et a grandi dans une configuration familiale marqu\u00e9e par des ruptures, des contradictions et de fortes tensions. Tr\u00e8s t\u00f4t,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":894,"featured_media":1124,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[258],"tags":[],"class_list":["post-1131","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-podcast-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/users\/894"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1131"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1132,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1131\/revisions\/1132"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dlf.uzh.ch\/sites\/frauenrechtsgeschichte\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}